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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 02:55

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1 Intro

2 Ham

3 Tyler Durden

4 Brav Against The Machine

5 L’arche

6 Sous France

7 Dr. Martens Ep 01

8 A L’évidence

9 Jeu de Cette Famille feat Ladéa

10 I Hate Love

11 Meilia

12 Les Temps Modernes

13 Outreau

 

Label : Din Records

 

Date de Sortie : 26 Janvier 2015

 

 

Enfin. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit quand la date de sortie de cet album a été fixé. Alors oui je me dit ça pour beaucoup de projets, certes, mais là le mot n’est pas désuet quand on connaît le parcours du combattant qu’a du emprunter Brav afin d’accoucher de son premier album solo. L’ex moitié de Bouchées Doubles succède donc à Tiers Monde qui nous avait gratifié du très bon Toby Or Not Toby l’année dernière. Oui mais voila, Brav bosse sur cet album depuis presque 5 ans. L’album avait été enregistré une première fois il y a de cela deux ans, mais une grosse remise en question personnelle de la part de l’artiste sur sa condition d’être humain a retranché Brav dans le travail et a donc repoussé l’album 2 ans plus loin sur le calendrier. Mais pas seulement. Le natif du Havre a peut être été victime de ses multiples talents. Auteur, interprète, réalisateur, photographe etc. Brav est au four et au moulin chez Din Records participant de long en large aux activités du label en plus de ses projets plus personnels [Comme son projet La Lune Sous Les Étoiles, un livre de photographie de la Palestine dont les bénéfices sont reversés à des organisations humanitaires] .

 

Il y a encore quelques mois je ne croyais plus en cet album, me disant qu’il ne verrait probablement jamais le jour. Un gâchis énorme quand on connaît la plume du bonhomme mais également son identité musicale piochant à droite et à gauche. Mais depuis quelques mois Ibrah le touche à tout s’est assuré que sa promo soit maîtrisée de bout en bout par lui et les siens à coup de vidéos annonçant le projet Sous France. Quel titre ! Le jeu de mot est simple mais tellement évident au vue du parcours de Brav. Issue des quartiers populaires du Havre comme tout ses comparses du label, des enfants du rap dit engagé, à l’écriture recherchée. Comme le dit si bien MédineJ'fais pas de rap pour qu'on l'écoute, j'fais du rap pour qu'on le réécoute” [Sur Grand Médine ndlr]. Nous sommes dans une époque assez trouble, je dois bien l’avouer, et les événements de ce mois de Janvier 2015 ne vont certainement pas améliorer la situation. Cet album arrive à point nommé même si le timing n’est évidement pas voulu.

 

Premier titre, première constatation : Brav est conscient de ce qu’il est, du type de rap qu’il fait, et c’est accompagné d’un piano qu’il s’affirme dès les premières lignes. Un prolétaire pas venu pour rechercher la gloire mais pour délivrer un message, une vision. Une mise en bouche très courte avant de plonger dans Ham. Dès les premières notes, la patte de Proof, le beatmaker habituel chez Din Records, se fait ressentir. Des voix d’anges sont venus épauler Brav sur une rythmique entraînante, une ambiance électrisante. Brav nous livre une sorte d’ego trip avec l’étique en guise de thème, se présentant à la concurrence. Le refrain est chanté, réellement chanté [Pas de Vocodeur cache misère ici], une autre corde que le Mc a ajouter à son arc depuis quelques années [Comme sur Prolétariat ou Jusque Ici Tout Va Bien par exemple].

 

Souhaites moi une mort violente, car pour un leader c’est une mort naturelle

 

On continue avec le single Tyler Durden qui m’avait fait forte impression lors de sa sortie. Pour ceux qui ont un minimum de culture cinématographique, vous reconnaissez évidement le nom du personnage interprété par Brav sur ce morceau. Tyler Durden est un personnage fictif du film Fight Club [Réalisé par David Fincher] et c’est d’ailleurs une des citations du film qui fait office de première ligne de Brav [“C’est seulement lorsqu’on a tout perdu que l’on est libre de faire tout ce qu’on veut”] qui débite son unique couplet sur une production plus électronique de la part de Proof. Un texte qui place la France, et les français, face à leurs défauts. Tout y passe, les médias, le rap game, le racisme, Brav tend un miroir à la face de son pays, et le reflet n’est pas forcement beau à regarder. Allez jeter un oeil au clip si comme moi le morceau vous a plu.

 

Au bout de deux titres on a déjà une forte idée de ce qui définit le style de Brav mais nous sommes encore loin d’avoir vu l’étendue de ses influences qui ont donné naissance à ce projet. Et bien avec Brav Against The Machine, on est en plein dedans. Le titre du ceau-mor devrait faire tilt dans votre tête pour peu que vous soyez un peu cultivé musicalement parlant. Nan ? Et bien c’est [Évidemment] un clin d’oeil au groupe de rock Rage Against The Machine. Le titre est tourné très rock d'ailleurs, on puise ici à fond dans les racines rock de Brav, quui crache sa haine et son message [Et non pas son message de haine] aux rythmes des guitares électriques, se présentant comme un poisson qui nage à contre courant, la machine représentant ici l’univers du Rap. Les refrains chantés sont efficaces et Brav se fait plaisir avec ce titre, explorant un peu plus ses envies. La comparaison avec Eminem est ici tout à fait justifiée, le natif de Detroit ayant lui aussi cet esprit contre-courant avec un baggage rock très prononcé. Une grosse surprise.

 

Vient ensuite L’arche, morceau lâché quelques jours seulement après les attentats de début Janvier. C’est un morceau incroyable, à l’ambiance très cinématographique [Allez voir le clip !]. Une écriture noire, une rythmique maîtrisée de bout en bout. Brav semble avoir la voix saturé par moment comme s'il chantait sa haine à travers un mégaphone. Nous sommes plongés dans la tourmente de l’artiste. Dans un registre plus lyrique, nous avons le titre Les Temps Modernes. Bordel. Quelle claque. Ce titre n’est pas vraiment classable, pleins de choses différentes viennent ici se mélanger pour donner naissance à ce morceau. Le travail de Proof et Brav sur la production est phénoménal. Si L’arche nous plonge dans une sorte de folie chez Brav, je n’ai pas les mots pour Les Temps Modernes. C’est un morceau tellement métissé dans sa construction. Un constat sur l’état du monde, de la France. Un constat amer évidemment. Une vraie claque.

 

Sur le titre éponyme, Brav trace un portrait au vitriol de notre pays nous narrant sa fatigue, sa peine. Une société pleine de clichés, de non-dit qui gangrènent notre monde, offrant le terreau parfait à la graine de la guerre qui malheureusement au moment ou j’écris ses lignes semble commencer à germer. Le mal être de l’artiste est palpable, sa sincérité est flagrante quand on l’entend lister tout ce qui ne va pas en France. De nombreuses causes qui vont créer des conséquences, conséquences qui arrivent justement avec le titre suivant : Dr Martens Ep 01. Une fiction sur l’isolement sociale qui nous est dépeinte par Brav sur une prod subtilement rythmé, un récit qui monte crescendo selon la gravité de l’action. Brav nous livre ici un story telling qui nous rappelle évidemment le travail de son collègue et ami Médine sur la série des Enfants Du Destin. Si vous connaissez le principe, vous savez que ça finira tragiquement.

 

Se suivent ensuite 2 titres un peu moins sombre dans leurs formes, A L’évidence et Jeu De Cette Famille. Sur le premier, Brav se met à la place de ceux qui ont bien moins de soucis que cette sous-France, son personnage s'interrogeant tout de même sur sa situation actuelle. Sur le second, Brav accueil le seul featuring de cet album avec la présence de Ladéa. La native d’Aix-En-Provence viens accompagner Brav sur ce titre poignant. Le jeu de mot avec le titre et simple encore une fois, mais ne boudez pas ce titre sincère.

 

J'enchaîne avec I Hate Love, un morceau que j’ai adoré dès la première écoute. Tout est dans le titre, Brav nous expose tout ce qu’il n’aime pas, avec ses raisons, mais l’artiste fait également ressortir le revers de la médaille des choses que l’on aime normalement [A moins d’être Émile Louis] comme sa fille, ses amis etc. Le morceau servant à montrer que notre monde ne compte peut être plus aucun amour véritable, le mal se cachant partout. L’homme peut-il encore aimer ou son coeur ne sert-il qu’a battre ? Les refrains chantonnés sont une nouvelle fois impeccables, créant ainsi une couleur très forte au morceau. C’est encore une fois une réussite, la fin du morceau étant faite en acoustique, Brav se fait plaisir, ralentissant le tempo pour conclure le morceau. Un titre placé juste avant Meilia. Et ce n’est pas un hasard. Le titre est dédié à sa fille Méilia. Brav exprime toute les craintes qu’un père peut avoir envers sa fille mais avec un angle bien à lui. En effet, Brav semble se disputer avec sa fille, ou du moins, le jeune papa anticipe tout ce qui pourrait déchirer cette relation. Un angle peu habituel pour un morceau porté par une mélodie enfantine. Proof fait encore une fois un travail net et sans bavures. C’est encore un nouveau contre-pied servis par Brav. Bien joué.

 

L’album se termine avec Outreau. Un nouveau jeu de mot avec Outro, nom que l’on donne à la conclusion d’un album soit l’inverse de l’Intro, et le nom de la ville d’Outreau. Ville qui a connu un grand fiasco lié à la pédophilie il y a quelques années. Une des plus grandes injustices de l’histoire juridique française. Quelle ambiance ! Woua putain. Outreau ne vous laissera pas indemne, ni indifférent. Le morceau est lugubre, pesant, lourd de sens. Le piano qui débutait l’album dans l’intro est le même ici, et vient mourir tout doucement, suivant les battements d’un coeur fatigué qui semble venir mourir lui aussi en fin de morceau. Durant tout le morceau, des samples de témoignages des victimes sont audibles, cela ajoute grandement à la couleur sombre de Outreau. Incroyable.

 

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Sous France est un voyage incroyable dans le tête d’un artiste tout aussi incroyable. J’ai beaucoup de mal à écrire cette conclusion car cet album est véritablement un ovni dans le rap actuel, et même au delà du rap. Sous France est à l’image de son auteur, sincère, direct, inspiré. Brav est malgré lui le symbole de cette France qui est fatigué mais qui ne se résignera pas face à l’adversité. Nous ne sommes pas en face d’un album qui s’oubliera dans 1 mois [Du moins je l'espère] mais véritablement face une oeuvre qui est faite pour marquer les esprits. Outre ces textes forts, l’album jouit d’une direction artistique de haute volée, loin des archétypes habituels. Les propos de Brav sont durs, mais tristement vrais. Sous France est un putain d’album. Je pense vraiment que cet album peut réconcilier certains auditeurs avec le rap, loin de tout l’aspect commercial que débitent les radios dites spécialisés [Attention commercial ne veut pas forcement dire mauvais !]. Du fond, de la forme, et un artiste, un vrai. Brav’O.

 

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Published by La Hyène - dans Chroniques Fr
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